3 Décembre 2010
IMPORTANTES DÉCOUVERTES EN ASTROBIOLOGIE
Des
annonces récentes révèlent des informations de nature à renforcer la
probabilité qu'existent de nombreuses formes de vie extraterrestres.
En cette fin de semaine, trois annonces importantes, qui seront plus tard intégrées dans les différentes pages du site:
1- Le nombre de planètes dans l’univers est sans doute encore plus important que prévu.
Pieter G. van Dokkum et Charlie Conroy, de l’université Yale, ont
analysé la lumière de galaxies elliptiques lumineuses (1), et ont mis
en évidence qu’elles doivent contenir de très nombreuses étoiles de
faible masse et à très longue durée de vie, les naines rouges. D’après
ces auteurs, les naines rouges représenteraient 80 % des étoiles. Ces
galaxies se révélant contenir davantage d'étoiles (ce qui augmente la
contribution de ces étoiles à la masse totale d’une galaxie, et diminue
l’importance de la matière inconnue, dite noire, qui y serait
présente), elles contiennent aussi bien plus de planètes en orbite
autour de ces dernières.
2 - Une exoplanète tellurique de grande taille («super-Terre») possède une atmosphère qui ressemblerait à celle de Titan.
GJ 1214b est une exoplanète environ 7 fois plus massive que la Terre
(c’est une des plus petites actuellement détectable). Elle orbite
justement autour d’une naine rouge, dont nous venons de voir qu’elles
sont plus communes que les astronomes ne le pensait, à 13 parsecs du
soleil (42 A.L.). La planète tourne en 38 heures autour de son étoile.
Les premières observations spectroscopiques de son atmosphère, bien
qu’imprécises (car réalisées à l’occasion du transite de la planète
devant son étoile), indiquent cependant que cette dernière n’est pas
constituée principalement d’hydrogène, comme c’est le cas pour les
planètes joviennes.
La planète GJ 1214b est loin d’être
habitable selon nos critères, car les premières études donneraient à
cette dernière une température au sol voisine de 1000°C et une pression
de 100 bar, et son atmosphère pourrait être constituée de couches de
brume photochimique, comme celle de Venus ou de Titan. Une autre
possibilité, compatible avec les mesures, serait que l’atmosphère
contienne 70% de vapeur d’eau.
3 - l’arsenic peut remplacer le phosphore dans la biochimie et la biologie moléculaire de certaines bactéries.
Une équipe de chercheurs (3) a réussi à cultiver une souche
bactérienne, isolée à partir des sédiments d’un lac de Californie riche
en arsenic (Halomonadaceae du lac Mono), dans un milieu ne comportant
qu’une quantité minime de phosphore, mais beaucoup d’arsenic Ceet
équipe a eu la surprise de voir que la bactérie, loin de péricliter,
avait incorporé l’arsenic du milieu en lieu et place du phosphore qui
est normalement présent dans nombre de molécules du vivant, au point de
faire parti des six éléments (C,H,N,O,P,S) caractérisant la matière
vivante.
L’équipe déclare avoir
identifié la présence d’arsenic dans l’ADN (qui ne serait, plus, alors,
à proprement parler, de l’ADN) ainsi que dans des protéines. Cette
découverte, si elle se confirme, signifierait que la plasticité du
vivant est supérieure à ce qui avait été envisagé. Le rôle de l’arsenic
dans les origines de la vie pourrait être reconsidéré, tout comme les
milieux extraterrestres devant être considérés comme potentiellement
biogéniques. Toutefois, certains chercheurs considèrent que les
éléments apportés ne sont pas assez précis pour prouver que l’arsenic a
bien remplacé le phosphore dans les macromolécules des bactéries
cultivées, et réclament de nouvelles analyses, qui ne sauraient tarder.
Affaire à suivre...
Références
1
- Pieter G. van Dokkum & Charlie Conroy. A substantial population
of low-mass stars in luminous elliptical galaxies. Nature (2010)
doi:10.1038/ nature09578
2 - Bean, J. L., Kempton, E. M.-R. & Homeier, D. Nature 468, 669-672 (2010).
3
- Felisa Wolfe-Simon, Jodi Switzer Blum, Thomas R. Kulp, Gwyneth W.
Gordon, Shelley E. Hoeft, Jennifer Pett-Ridge, John F. Stolz, Samuel M.
Webb, Peter K. Weber, Paul C. W. Davies, Ariel D. Anbar, and Ronald S.
Oremland. A Bacterium That Can Grow by Using Arsenic Instead of
Phosphorus. Science 1197258 Published online 2 December 2010
[DOI:10.1126/science.1197258]